Translation תרגום
 


Respect du שבת Shabatt et des fêtes : n'y faire aucune מלאכה "fabrication"

 

Ces extraits sont issus d'un vaste travail, non encore publié, qui est une étude des commandements (en plus du livre "La Bible Plus Justement").
L'étude n'est pas finalisée. Elle ne le pourrait sans les manuscrits originaux légués par Moïse, voire d'autres complétant les siens. L'humanité ne dispose aujourd'hui que de copies, toutes plus ou moins susceptibles d'erreurs.
Les buts recherchés sont le rétablissement d'une connaissance plus juste de la Foi d'Israël ou israélisme, et une mise en pratique plus juste de ce qu'elle demande.

En hébreu, un commandement se dit מצוה une mitsva. Des commandements מצות des mitsvot.

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שמות Exode 9-10
ששת ימים תעבד ועשית כל מלאכתך
ויום השביעי שבת ליהוה אלהיך
... לא תעשה כל מלאכה
"Six jours tu travailleras et feras toutes tes "fabrications". Et le septième jour est Shabatt pour l'Eternel ton Dieu. Ne fais aucune "fabrication".

Ce commandement est répété plusieurs fois dans la Tora. Il est exprimé aussi pour les jours de fêtes demandés par la Tora. Aucune "fabrication" ne doit y être faite. Mais, qu'est-ce qu'une "fabrication" au sens de la Tora ?
Les réponses rabbiniques ont été aussi nombreuses que désordonnées, égarant le peuple d'Israël.

Et vous ? Êtes-vous שמר שבת "shomère Shabatt" "gardien du Shabatt", comme on dit en hébreu ?

"Gardien" est employé dans le sens de "garder/conserver" en se conformant à ce que l'Eternel a demandé.
Si vous croyez l'être, vous ne l'êtes probablement pas.

Y a-t-il deux Israélites, au moins, qui le soient ?

J'espère que mon étude permettra très prochainement de répondre par l'affirmative.

Hervé Taïeb


Définition du mot מלאכה "fabrication"

Introduction
      La définition de ce mot, au sens de la Tora, est fondamentale pour se conformer aux commandements ("mitsvot" en hébreu) qui interdisent de faire une מלאכה "fabrication" certains jours (c'est à dire les jours de שבת Shabatt et les jours de fêtes solennelles). Une telle définition a manqué dans le passé, laissant place à des réponses personnelles, des décisions arbitraires, et parfois contradictoires. Un véritable travail de définition aurait dû être fait.

NB : le Shabatt est le septième jour de la semaine : le samedi (certaines langues sont restées relativement proches du mot hébreu. En italien : sabato, en espagnol sábado). Le samedi a ensuite été transposé au dimanche dans la religion chrétienne. Ces précisions sont données pour qu'il n'y ait aucune erreur sur le jour.

Pour élaborer une définition, au sens de la Tora, il faut étudier tous les versets où le mot est utilisé dans le texte biblique. Les cas d'utilisation fournis par la Tora sont à étudier en priorité.
La définition du mot מלאכה "fabrication" ne pourrait se contenter d'une simple observation, qui ne donne souvent qu'une idée globale du sens. Si pour certains mots c'est suffisant, la signification du mot מלאכה "fabrication" ne peut admettre une réponse relativement imprécise, qui serait donc insuffisante pour répondre aux cas qui se posent de nos jours.
Les exemples bibliques sont ceux de la vie des Hommes à cette époque. Depuis, de nouveaux cas se sont présentés. Il est donc nécessaire de définir précisément ce qu'est une מלאכה "fabrication" au sens de la Tora, afin de savoir si des cas de la vie moderne sont des actes de מלאכה "fabrication".
 
Pour répondre aux nouveaux cas de la vie moderne, au fur et à mesure de leur apparition, des "autorités religieuses" autoproclamées (celles du judaïsme, la religion rabbinique) se sont prononcées sur des bases souvent arbitraires, ou encore des considérations personnelles ou des idéologies partagées par des communautés de personnes (divers mouvements et branches rabbiniques, selon les époques et les pays). Un même acte a donc pu être interdit par certaines autorités rabbiniques, alors que d'autres l'ont autorisé (le rabbinisme dit "libéral" par exemple, mais pas uniquement), les uns et les autres répondant à leur idéologie de groupe.
Dans le groupe du "judaïsme rabbinique orthodoxe" certains actes ont été déclarés être des "dérivés de travaux interdits". Ils ont ainsi été déclarés être une מלאכה "fabrication", ce qui les a rendus interdits les jours de שבת Shabatt et les jours de fêtes solennelles. Par exemple, il a été déclaré interdit de se peigner le jour du שבת Shabatt, parce que se peigner a été déclaré être un "dérivé du travail de tondre les moutons". La religion rabbinique orthodoxe demande d'utiliser une brosse douce ou tout autre moyen qui n'enlève pas de cheveu, les jours de Shabatt et de fête.
Comme dans cet exemple, bien des cas nouveaux ont été déclarés être un "dérivé" de travail interdit, et ont donc été interdits.
En réalité, il en a été décidé ainsi sur la base de sentiments personnels, rendant des décisions arbitraires.
De l'exemple cité, on peut évidemment en dire qu'un être humain n'est pas un mouton. Il faut aussi, et surtout, comprendre que tondre un mouton est effectivement un premier acte, une étape, dans la fabrication d'un objet (fait de laine). C'est donc bien une מלאכה "fabrication". Mais, l'acte de se peigner n'est pas fait pour servir à la fabrication d'un objet, contrairement à la tonte de la laine. Un être humain qui se peigne les cheveux pour les mettre en ordre ne fait pas une מלאכה "fabrication" au sens de la Tora, même si le peigne emporte des cheveux au passage (le plus souvent des cheveux prêts à tomber naturellement).
 
Cette méthode des "dérivés" a pour origine une liste de trente neuf travaux. Cette liste fut retenue par les "autorités religieuses" (rabbiniques) qui déclara ces trente neuf travaux comme étant ceux de la construction du משכן Tabernacle. Ces travaux, incluant celui de tondre les moutons, furent interdits les jours pour lesquels la Tora demande de ne pas faire de מלאכה "fabrication" (le jour du Shabatt et les jours de fêtes solennelles).
Lorsque cette base arbitraire de trente neuf travaux a été établie, elle s'est avérée insuffisante, et ne pouvant répondre aux nouveaux cas présentés par l'évolution de la vie. Par ailleurs, cette liste de trente neuf travaux est aussi une définition très réductrice du mot מלאכה "fabrication". Sans pouvoir revenir en arrière pour annuler cette méthode par "liste exhaustive", qui ne répondait pas aux cas nouveaux, une solution fut donc trouvée en déclarant des "dérivés ".
Lorsqu'il était décidé, par les "autorités religieuses" (rabbiniques), qu'un acte devait être interdit, et si cet acte ne se trouvait pas directement dans la liste des trente neuf travaux, il était alors déclaré être un "dérivé" de l'un de ces travaux.
Même le nombre de trente neuf fut un choix arbitraire et délibéré de la part de ses auteurs (religion rabbinique). Il fut retenu parce qu'il correspond à trois fois le nombre treize, soit trois fois la valeur numérique du mot אחד "Un", comme l'Eternel "Un".
En réalité, il n'y a ni dans la Tora, ni dans le reste de la Bible, de verset ou d'indication qui demanderait ou permettrait d'établir une telle liste. Il n'y a, non plus, aucun élément permettant d'aboutir au nombre de trente neuf travaux. Il existe encore moins la notion de "dérivés" de travaux, il n'en existe pas même une allusion.
 
Pour justifier et maintenir les décisions prises, les prétendues autorités déclarèrent que ces décisions avaient été instituées par de "grands maîtres", des "sages" et "savants". On déclara "justes" et "irrévocables" les décisions prises.
De ce fait, ces "autorités" s'étaient figées dans leur erreur. Avec elles, elles avaient aussi entraîné et figé tout un peuple, pour de nombreuses générations.
 
Avec de pareilles méthodes et décisions, ce qui a été déclaré "interdit" par certains a suscité la réaction des autres qui, à l'inverse, l'ont déclaré "autorisé". Une telle réaction à l'arbitraire était inévitable.
 
Outre les idéologies de groupe et les différentes branches du rabbinisme, certaines choses décrétées "interdites" par un rabbin ont été déclarées "autorisées" par un autre à l'intérieur du même groupe ou branche rabbinique. Par exemple, certains rabbins dits "orthodoxes" ou "traditionalistes" ont autorisé de faire un café le jour du Shabatt, alors que d'autres (plus rares) l'ont interdit. Une majorité rabbinique a pu se mettre d'accord pour autoriser un certain type de café (soluble ou prêt à l'emploi) dit "café Shabatt". Les fidèles du rabbinisme ("adeptes" serait un terme plus juste) ont eu pour réponse et solution de "devoir suivre son rabbin, celui de sa ville". Malheureusement, certains rabbins "autorité locale" ont encore autorisé de mettre du sucre dans le café, alors que d'autres l'ont interdit. Pouvoir, ou non, touiller le sucre est resté une question.
 
Ces rappels de ce qui appartient d'ores et déjà au passé expliquent pourquoi une définition rigoureuse et précise est si nécessaire. Plusieurs semblants de définition, avant celle-ci, se sont trouvés inexacts, impropres ou incomplets, face à certaines situations, au fur et à mesure des nouveaux cas observés. Il a donc été nécessaire de tenir compte de toutes les observations précédentes pour tenter de trouver une définition qui puisse regrouper les caractéristiques suivantes :
- Une définition du mot מלאכה "fabrication" ne doit pas être arbitraire mais fondée sur l'observation des textes bibliques, qui sont la source la plus originelle du terme.
- La définition devrait pouvoir rester valable dans le temps et s'appliquer aux cas nouveaux qui se présenteront certainement dans le futur.
- Le domaine, le champ sur lequel le mot מלאכה "fabrication" peut s'employer, doit être clairement délimité. Cette délimitation doit, elle aussi, se faire sur l'observation des textes bibliques, et non sur une base arbitraire.
- Cette définition ne doit pas être réductrice, ni limitée à une "liste". Aucune liste ne peut être exhaustive, puisqu'il y aura toujours des cas nouveaux qu'on ne peut imaginer ou prévoir.
- La définition de ce qui est une מלאכה "fabrication" doit, en ses termes, être la plus précise possible, afin de répondre aux divers cas.
 

Fondements de la présente définition
      La Bible (תנך) fournit de nombreux exemples où le mot מלאכה "fabrication" est utilisé. C'est à partir de ces exemples qu'il convient de définir la signification de ce mot et aussi en délimiter la définition.
Dans la totalité des exemples bibliques, sont constatées les significations qui suivent. Pour éviter les nombreuses répétitions d'exemples au sens identique, ces exemples sont regroupés par signification, en donnant seulement quelques références du Texte lorsque celles-ci sont trop nombreuses.
 
Sont constatées les significations suivantes :
1/ מלאכה "fabrication" dans le sens de fabrication de nourriture :
ceci est compris du verset Exode XII 16. Ce verset interdit de faire une מלאכה "fabrication" à l'exception de ce qui est nourriture. En conséquence, faire ce qui est nourriture est donc une מלאכה "fabrication" (s'il y est fait exception, c'est donc que c'est bien une מלאכה "fabrication").
Ce sens est un réel acte de fabrication et entre dans la définition (au sens propre) du mot מלאכה "fabrication".
 
2/ מלאכה "fabrication" dans le sens de fabrication d'objets divers de toutes matières et de tous usages (y compris la fabrication du משכן Tabernacle et de tous ses objets Saints). C'est le sens le plus courant, les exemples sont nombreux, quelques uns sont les suivants : Exode XXXV 21, 29 ; Exode XXXVI 02-08 ; Exode XXXVIII 24 ; Exode XXXIX 43 ; Lévitique XIII 48 ; Rois I VII 1 ; Jérémie XVIII 03 ; Chroniques I XXIX 05.
Ce sens indique de réels actes de fabrication et entre dans la définition (au sens propre) du mot מלאכה "fabrication".
Le verset Exode XL 33 fournit aussi une indication importante au sujet du montage du משכן Tabernacle (montage des éléments le constituant, après élaboration de ces éléments). Ce verset indique, après le montage des éléments, que fut finie la מלאכה "fabrication" (ויכל משה את המלאכה "... et Moïse eut fini la "fabrication").
Important : il s'agit du premier montage, voir les commentaires faits sur ce verset Exode XL 33.
Ce verset indique que le montage (des éléments déjà élaborés) fait partie d'une מלאכה "fabrication". Monter, assembler, des éléments d'un ensemble est un acte de מלאכה "fabrication", même s'il s'agit du montage d'éléments déjà élaborés finis en tant que pièces détachées.
L'indication fournie par ce verset Exode XL 33 entre dans la définition (au sens propre) du mot מלאכה "fabrication".
 
3/ מלאכה "fabrication" dans le sens de construction ou reconstruction d'édifice (y compris le Temple édifié par Salomon à l'Eternel, et y compris toutes les finitions et les installations d'un édifice : lambris, crépi, approvisionnement en eau ...) : Rois I V 30 ; Rois I VII 14, 22, 51 ; Rois I IX 23 ; Rois II XXII 5, 9 ; Haggaï I 14 ; Ezra II 69 ; Ezra III 9 ; Néhémie II 16 ; Néhémie IV 4, 5, 9, 10, 11, 13, 15 ; Néhémie V 16 ;  Néhémie VI 3, 9, 16 ; Néhémie VII 69, 71 ; Néhémie X 34 ; Néhémie XI 16, 22 ; Chroniques I XXII 15 ; Chroniques I XXIII 4 ; Chroniques I XXVIII 13, 20, 21 ; Chroniques I XXIX 1 ; Chroniques II V 1 ; Chroniques II VIII 16 ; Chroniques II XXIV 12, 13 ; Chroniques II XXXIV 10, 12, 13, 17.
Ce sens indique de réels actes de fabrication et entre dans la définition (au sens propre) du mot מלאכה "fabrication".
 
4/ מלאכה "fabrication" dans le sens de réparation (y compris consolidation, et y compris sur un édifice ou une autre construction) : Rois II XII 15, 16.
Ce sens indique de réels actes de fabrication et entre dans la définition (au sens propre) du mot מלאכה "fabrication".
 
5/ מלאכה "fabrication" dans le sens de construction de villes (y compris fortifications, routes, bassins de retenue d'eau, aqueduc, ...) : Chroniques II VIII 9 ; Chroniques II XVI 5 ; Chroniques II XVII 13.
Ce sens indique de réels actes de fabrication et entre dans la définition (au sens propre) du mot מלאכה "fabrication".
 
6/ מלאכה "fabrication" dans le sens de travaux des champs (agriculture, "fabrication" de végétaux, de denrées alimentaires) : Chroniques I XXVII 26.
Ce sens indique de réels actes de fabrication et entre dans la définition (au sens propre) du mot מלאכה "fabrication".
 
7/ מלאכה "fabrication" ("fonction") à propos de fonctions de Juge et de Magistrat : Ezra X 13-14 ; Chroniques I XXVI 29.
Dans cette dernière référence (Chroniques I XXVI 29), si ce mot est utilisé au sujet des fonctions de Juge ou de Magistrat, et non au sujet d'actes de jugement ou de magistrature, ce serait probablement parce que ces fonctions nécessitaient de réels actes de מלאכה "fabrication" tels que des écrits (produire un écrit est un acte de מלאכה "fabrication", voir ci-dessus "fabrication/production d'objet"). Ce serait donc ces actes qui seraient une "fabrication". Quant aux jugements, un strict et seul jugement (par exemple un jugement rendu seulement verbalement), ne serait pas en soi un acte de מלאכה "fabrication". Pour confirmer cette idée, il est possible d'observer en Exode XVIII 13-26, lorsque משה Moïse se met à juger les affaires du peuple, que le mot מלאכה "fabrication" n'est pas employé.
Ce dont il est question dans ces exemples de fonctions de Juge ou de Magistrat est imprécis (en Ezra X 13-14 et Chroniques I XXVI 29). Il n'est pas possible de savoir précisément ce qui est une מלאכה "fabrication" dans ces fonctions. Par conséquent, ces exemples ne peuvent être retenus pour déterminer la définition (au sens propre) du mot מלאכה "fabrication".
 
8/ מלאכה "fabrication" ("fonction") à propos du Service des לוים Lévites à l'Eternel :  Nombres IV 3 ; Ezra III 8 ; Ezra VI 22 ; Néhémie XIII 10, 30 ; Chroniques I XXIII 24. A propos de chants et musique :  Chroniques I IX 33 ; Chroniques I XXV 1.
Lire observations(*) ci-après.
 
9/ מלאכה "fabrication" ("fonction") à propos du Service des כהנים Prêtres à l'Eternel : Néhémie XI 12 ; Néhémie XIII 30 ; Chroniques I VI 34 ; Chroniques I IX 13, y compris dans le Saint des Saints : Chroniques I VI 34, et à propos de la préparation des sacrifices, holocaustes, en offrande à l'Eternel : Chroniques II XXIX 34.
Lire observations(**) ci-après.
 
10/ Le mot מלאכה "fabrication" est parfois utilisé dans un sens général signifiant :
- "travaux" : Samuel I VIII 16 ; Rois I IX 23 ; Rois I XII 28,
- "profession" : Jonas I 8,
- "service" à un maître, la personne assurant ce service étant alors un "fonctionnaire" : Genèse XXXIX 11 ; Samuel I VIII 16 ; Rois I IX 23 ; Esther IX 23 ; Daniel VIII 27 ; Chroniques I IV 23 ; Chroniques I XXVI 30 ; Chroniques I XXIX 6.
Ces "travaux" ou "profession" ou "service" contenaient très probablement de réels actes de מלאכה "fabrication", mais sans les connaître précisément.
Ces cas d'utilisation dans un sens général sont trop peu précis pour être retenus pour déterminer la définition (au sens propre) du mot מלאכה "fabrication".
 
11/ A propos des gens, le mot מלאכה peut prendre le sens de "professionnels" ou "fonctionnaires" : Chroniques I XXV 1.
Ces "professionnels" ou "fonctionnaires" accomplissaient probablement de réels actes de מלאכה "fabrication", mais ces actes ne sont pas connus précisément.
Ces cas d'utilisation sont trop peu précis pour être retenus pour déterminer la définition (au sens propre) du mot מלאכה "fabrication".
 
12/ Le mot מלאכה "fabrication" est aussi utilisé à propos des Œuvres Divines de la Création : Genèse II 2, 3, mais ces cas d'utilisation ne s'appliquent pas à l'Homme, qui n'est pas capable de telles Œuvres. De ce fait, ces cas ne peuvent être retenus pour déterminer la définition (au sens propre) du mot מלאכה "fabrication" tel qu'il s'applique à l'Homme. Ils ne peuvent entrer dans le cadre de ce qui est interdit à l'Homme, les jours où il est interdit de faire une מלאכה "fabrication". L'Eternel a interdit ce que l'Homme est capable de faire. Il n'est pas possible de penser que l'Eternel aurait interdit à l'Homme ce que ce dernier n'est pas capable de faire.
De plus, dans les versets cités, le mot מלאכה "fabrication" y est employé au singulier, pour l'ensemble de la Création. Il est difficile de savoir si chaque chose dite, faite, ou créée par l'Eternel, est elle-même une מלאכה "fabrication" ou un acte de מלאכה "fabrication". Il serait possible que le mot מלאכה "fabrication" concerne chaque chose dite, faite, ou créée. Mais, il est également possible que le mot מלאכה "fabrication" ne s'applique que pour certaines de ces choses. Dans ce dernier cas il faudrait alors savoir lesquelles.
Compte tenu de ces raisons, et par manque d'exemple précis, ces cas ne peuvent être retenus pour déterminer la définition (au sens propre) du mot מלאכה "fabrication" tel qu'il s'applique à l'Homme.
 
13/ Le mot מלאכה "fabrication" semble aussi utilisé dans un sens figuré : Jérémie III 25. De tels cas ne peuvent être utilisables pour une définition.
 
 
(*) Dans le cas du verset Nombres IV 3, le mot מלאכה "fabrication" est utilisé à propos du Service des Lévites. Plus loin dans le Texte, en verset 15, le détail de ce Service est précisé : il s'agit de transporter les Objets Saints du tabernacle lors des déplacements d'Israël. Il pourrait alors être que pensé que לשאת "transporter" entrerait donc dans la définition de מלאכה "fabrication". Cette idée est infirmée par un autre verset, Jérémie XVII 22, qui distingue l'acte de "transporter" d'une מלאכה "fabrication". Ce verset en parle comme deux actes totalement dissociés, sans rapport l'un avec l'autre, car il énonce bien deux interdits distincts. Si לשאת "transporter" était réellement dans la définition de מלאכה "fabrication", alors un seul interdit aurait été énoncé, celui de מלאכה "fabrication" (incluant le משא "transport").
Le mot מלאכה "fabrication" utilisé en Nombres IV 3 serait à comprendre au sens général de "Service à l'Eternel", même si dans ce Service il n'y a aucun acte de מלאכה "fabrication" au sens propre du terme.
Il en serait de même à propos des versets qui parlent de musique et de chants (Chroniques I IX 33 ; Chroniques I XXV 1). Le mot מלאכה "fabrication" serait là aussi utilisé dans le sens de "Service à l'Eternel" à propos de la musique et des chants, qui ne sont pas des actes de מלאכה "fabrication", car il ne s'agirait pas de מלאכה "fabrication" au sens propre du terme et ces actes n'entreraient pas dans sa définition. De plus, en verset Chroniques I IX 33, qui fait partie de ces cas, à propos de la fonction de musicien que remplissent ces personnes, ce n'est plus le mot מלאכה "fabrication" qui est utilisé, mais le mot עבודה "travail". Il serait, en outre, surprenant qu'il soit interdit de louer l'Eternel par des chants, les jours où il est interdit de faire une מלאכה "fabrication". Jouer d'un instrument de musique et chanter ne seraient pas des actes de מלאכה "fabrication" et n'entreraient pas dans la définition de ce mot. (NB : jouer d'un instrument de musique a fait partie des interdits arbitraires énoncés par les "autorités religieuses" du passé. Cet interdit ne trouve aucune justification dans les Textes. Il ne peut donc être retenu pour la définition du mot מלאכה "fabrication").
Un autre exemple, confirmant la signification de מלאכה "fabrication" dans un sens général de "Service à l'Eternel", serait en verset Néhémie XIII 30 qui parle de לשמור "garder" à propos de מלאכה "fabrication", alors que "garder" n'est pas du tout un acte de מלאכה "fabrication" au sens propre, n'entre pas du tout dans la définition de מלאכה "fabrication".
Ce sens général de "Service à l'Eternel" serait appelé מלאכה "fabrication", probablement parce qu'il pouvait parfois inclure de réels actes de מלאכה "fabrication" au sens propre du terme (écritures, intendance, certains travaux comme la confection de gâteaux à la poêle : Chroniques I IX 31).
 
(**) Les explications ci-avant(*), sur l'emploi du terme מלאכה "fabrication" dans un sens général signifiant "Service à l'Eternel", sont valables au sujet de la fonction des כהנים Prêtres, comme pour la fonction des לוים Lévites. Les exemples d'utilisation du mot מלאכה "fabrication" donnés au sujet de la fonction des Prêtres, ne sont pas tous des cas de מלאכה "fabrication" au sens propre du terme.
Ce sens général de "Service à l'Eternel" serait appelé מלאכה "fabrication", probablement parce qu'il pouvait parfois inclure de réels actes de מלאכה "fabrication" au sens propre du terme (écritures, intendance : Nombres IV 16 ; cuisson de certaines offrandes expiatoires, dont certaines sont à consommer : Lévitique VI 19-21).
 
 
Sur la base de l'étude des références bibliques, dont les références citées ci-avant, la définition suivante est déterminée.



Définition
Important :
pour ne pas reproduire les erreurs passées, pour ne pas "figer" à jamais une définition qui pourrait s'avérer incomplète ou inexacte, totalement ou partiellement, toute éventuelle indication nouvelle pour cette définition, si cette indication est fondée, doit donner lieu à la vérification de ce qui a été défini.
Une telle éventuelle indication nouvelle doit aussi, selon le cas, donner lieu à confirmation(*) ou infirmation de ce qui a été défini, totalement ou partiellement, et, selon le cas, donner lieu à complément ou correction de cette définition.
(*) La vérification n'implique pas obligatoirement de complément, correction, ou infirmation. La vérification, en tenant compte de l'indication nouvelle, peut conduire à confirmer ce qui a été défini. Après vérification, la définition peut se révéler être juste, complète, adaptée. Elle serait donc confirmée sans nécessiter de complément, correction ou infirmation de l'existant.
Dans tous les cas, il est important de comparer toute indication nouvelle et fondée à ce qui a été défini.
 
 
 
1 - Domaine, champ couvert par le mot מלאכה "fabrication".
 
Il peut être observé dans les exemples bibliques que le mot מלאכה "fabrication" est employé en domaines suivants :
 
- "fabrication" de ce qui sert à la nourriture,
 
- "fabrication" d'objets de toutes sortes, de toutes tailles, de tous usages, de toutes matières,
 
- "fabrication" de constructions de toutes sortes, y compris édifices, routes, réservoirs, ...etc... .
 
Il peut aussi être observé que le mot מלאכה "fabrication" est toujours employé dans le cadre de choses matérielles, au sens littéral du terme : "fait de matière".
Seuls des exemples d'acte matériel sur un corps matériel sont observés dans les exemples bibliques.
Pour vérifier encore cette constatation, il est possible d'observer l'absence du mot מלאכה "fabrication" dans des exemples de choses immatérielles que pourrait fournir la Bible (תנך).
Aucun exemple n'indique l'emploi du mot מלאכה "fabrication" à propos de quelque chose d'immatériel. Prier, parler, faire lecture de la Tora, ... sont des exemples d'actes immatériels, et au résultat immatériel, que pourrait fournir l'époque biblique. Or, l'emploi du mot מלאכה "fabrication" n'est pas observé dans un tel exemple.
Ce mot pourrait aussi être employé pour quelque chose qui n'est pas un objet, ou qui n'est pas fait de matière, à l'exemple du son ou de la lumière. Mais, un tel exemple n'est pas observé non plus.
En poursuivant encore dans ce raisonnement sur le caractère matériel du sens du mot מלאכה "fabrication", il est encore possible d'observer qu'un acte immatériel qui s'effectue sur un corps matériel n'est pas non plus observé dans les exemples de l'époque biblique. Cette époque pourrait fournir un tel exemple avec l'action de chauffer un objet, un lieu, une nourriture, ... (acte immatériel sur des corps matériels). La production d'un son grâce à un objet (instrument) pourrait aussi être un exemple de résultat immatériel que pourrait fournir l'époque biblique. Mais, de tels exemples ne sont pas trouvés. La pensée humaine pourrait aussi fournir un exemple d'acte immatériel pour contribuer à l'élaboration d'une מלאכה "fabrication" matérielle. Un tel exemple n'est pas plus observé.
Ainsi, comme déjà précisé ci-avant, seuls des exemples d'acte matériel sur un corps matériel sont observés dans les exemples bibliques. Ce n'est que dans ces cas qu'est employé le mot מלאכה "fabrication" .
 
Sur des animaux, ce mot s'emploierait s'il s'agit d'acte fait pour servir à la nourriture humaine. Il s'emploie aussi lorsqu'il s'agit de préparer les animaux en Offrande à l'Eternel (Chroniques II XXIX 34). Mais, מלאכה "fabrication" n'est jamais employé à propos d'animaux vivants.
 
Sur l'Homme le mot מלאכה "fabrication" n'est jamais employé.
 
 
Sur la base de la logique de l'observation, le mot מלאכה "fabrication" s'emploierait donc sur les choses matérielles, incluant les animaux dépourvus de vie.
Le mot מלאכה "fabrication" ne concernerait pas les êtres vivants.
A propos des termes "êtres vivants", il convient encore de respecter le sens donné par la Tora :
- les animaux sont appelés נפש חיה "êtres vivants" (Genèse I 20 et 24)
- les êtres humains sont aussi, bien sûr, appelés נפש חיה "êtres vivants" (Genèse II 7).
Au sujet des végétaux, il n'est trouvé ni le mot נפש "être", ni le mot חי "vivant". Les végétaux ne seraient donc pas des "êtres vivants" au sens de la Tora, à la différence des animaux et des êtres humains.
Les végétaux n'étant donc pas des "êtres vivants" au sens de la Tora, ils sont donc dans le domaine, le champ sur lequel le mot מלאכה "fabrication" peut s'employer, à la différence des animaux (vivants) et des êtres humains.
De plus, au sujet des végétaux, il convient d'observer que la plupart des actes que l'Homme fait sur eux sont des actes dont la finalité est la "fabrication" de nourriture, ou la fabrication de quelque chose (ou pour servir à quelque chose). Il s'agit donc d'actes de מלאכה "fabrication", ou d'actes qui sont des étapes dans une מלאכה "fabrication".
 
 
En conséquence :
le domaine, le champ, sur lequel le mot מלאכה "fabrication" s'applique, se limite donc aux actes matériels sur des corps matériels, y compris sur les végétaux et les animaux dépourvus de vie.
Sont donc en dehors de ce champ les animaux vivants et les êtres humains. Ce mot ne s'applique pas pour eux. Il ne peut y avoir de מלאכה "fabrication" sur un animal vivant. Il ne peut y avoir de מלאכה "fabrication" sur un être humain.
 
Sur la base des éléments déterminés, les quelques exemples et remarques suivantes peuvent être donnés :
 
Sur les animaux :
- Nourrir des animaux n'est pas un acte de מלאכה "fabrication", même s'il sont élevés dans un but final de consommation. Tant qu'un animal est en vie, il est en dehors du domaine de la מלאכה "fabrication". Il s'agit de nourrir un être vivant.
- Traire un animal dans le but de le soulager, parce qu'il pourrait souffrir ou serait en danger sans traite, n'est pas un acte de מלאכה "fabrication". Tant qu'un animal est en vie, il n'y a pas de מלאכה "fabrication" sur cet animal, il s'agit de soulager, soigner, un être vivant. Mais, le lait tiré ne pourra être consommé. Il devra rester inemployé, versé à terre par exemple. Sinon, en cas de consommation ou d'utilisation du lait (crèmerie, fromagerie, pour la consommation humaine ou animale) il y aurait eu alors production de nourriture, donc un acte de מלאכה "fabrication".
- Traire un animal qui ne souffrirait pas de l'absence de traite ni ne serait en danger (c'est, par exemple, le cas d'une vache qui a un veau qui la tète), dans le but d'obtenir du lait pour la consommation (humaine ou animale), est un acte de מלאכה "fabrication", car il s'agit d'un acte pour produire cette nourriture. S'agissant de l'animal, qui est un être vivant, il n'y a pas de מלאכה "fabrication". Mais, s'agissant du lait qui en serait tiré, c'est une production de denrée consommable, il s'agit d'un acte de מלאכה "fabrication". Le lait voulu pour la consommation doit être tiré les jours où il n'est pas interdit de faire une מלאכה "fabrication".
- Tuer un animal pour le consommer est un acte de מלאכה "fabrication". Il s'agit du premier acte de מלאכה "fabrication" de nourriture.
- La tonte d'un animal est un acte de מלאכה "fabrication". S'agissant de l'animal, qui est un être vivant, il n'y a pas de מלאכה "fabrication". Mais, s'agissant de la laine obtenue, c'est une matière première (matérielle et non vivante). C'est le premier acte de fabrication d'un objet, il s'agit d'un acte de מלאכה "fabrication".
 
Sur les êtres humains, les exemples suivants ont été interdits par les "autorités religieuses" du passé. Ils ont été interdits à tort. Il est possible, sans enfreindre l'interdit de faire une מלאכה "fabrication",  de se peigner, se raser, se parfumer (sur soi, parfumer des vêtements est à distinguer).
Ceci ne signifie pas qu'un coiffeur, par exemple, aurait le droit de travailler un jour de Shabatt, prétextant qu'il n'y a pas de מלאכה "fabrication" sur un être humain. Il a aussi l'obligation de chômer (תשבת Exode XXIII 12), d'arrêter de travailler ce jour, de même que les jours de fêtes solennelles pour lesquelles un chômage est ordonné (שבת ou שבתון ).
En autre exemple sur des cheveux, une coupe dont les cheveux enlevés serviront à la confection d'une perruque (ou autre chose) est un acte de מלאכה "fabrication". Dans cet exemple, il n'y a pas de מלאכה "fabrication" sur un être humain, mais les cheveux coupés deviennent matière première (matérielle, non vivante). La coupe des cheveux est le premier acte de confection de cette perruque (ou autre chose), c'est une מלאכה "fabrication". Encore sur ce dernier exemple, si un coiffeur professionnel a l'obligation de chômer, il pourrait aussi s'agir d'une personne qui se couperait les cheveux, ou couperait les cheveux d'une autre personne, en voulant les utiliser pour la fabrication d'une chose quelconque. Là encore, la coupe de cheveux n'est pas en soi un acte de מלאכה "fabrication" si les cheveux ne servent à aucune fabrication. Mais, cette coupe de cheveux deviendrait un acte de מלאכה "fabrication" si les cheveux sont utilisés à la fabrication de quelque chose (et si les cheveux ont été coupés dans l'intention de servir à une מלאכה "fabrication", en commentaire ci-après).
 
 
 
2 - Définition du mot מלאכה "fabrication".

Remarque préliminaire.
Il peut être observé dans les exemples bibliques que le mot מלאכה "fabrication" est toujours employé à propos de la fabrication, la production, d'une chose matérielle faite pour servir à un usage. Une מלאכה "fabrication", au sens de sa définition, sert nécessairement à quelque chose. Il n'y a aucun exemple d'emploi du mot מלאכה "fabrication" à propos de quelque chose qui ne sert à rien, qui n'a aucun usage ou emploi. Quelque chose qui serait produit mais qui ne sert à rien n'est pas appelé מלאכה "fabrication" dans un quelconque exemple de la Bible, ce n'est donc pas une מלאכה "fabrication". Les exemples suivants peuvent illustrer de tels cas.
- Casser un bâtonnet cure-dents après utilisation pour le mettre hors d'usage, n'est pas un acte de מלאכה "fabrication", parce que ce qui est fait ne sert à rien, ce n'est pas fait pour servir à un usage ou un emploi. Au contraire, casser une allumette pour en faire un cure-dents, est un acte de מלאכה "fabrication". Il n'y a pas que l'acte qui est déterminant. Un même acte peut conduire ou non à une מלאכה "fabrication". Dans ces deux exemples, le même acte qui consiste à casser un bâtonnet, cure-dents ou allumette, conduit dans le second cas (allumettes pour en faire un cure-dents) à une מלאכה "fabrication", alors qu'il n'y a pas de מלאכה "fabrication" dans le premier cas (cure-dents cassé après utilisation).
- Si un fruit est pelé et la pelure jetée, cette pelure n'ayant aucun usage il n'y a pas de מלאכה "fabrication". Mais, si cette pelure est conservée, pour être confite (cas pour certains fruits) ou pour servir de compost, il y a alors מלאכה "fabrication".
 
 
 
      Sur la base de l'observation des exemples bibliques, et suivant la logique des éléments déterminés, est un acte de מלאכה "fabrication", au sens de la Tora, tout acte fait pour effectuer une des choses suivantes, même en partie(*), et quel que soit le procédé, ajout, ou soustraction, ou modelage, ou pli, ou torsion pour donner une forme particulière, ou assemblage, ou modification, ...etc... de matière(s) composante(s) de la réalisation :
 
- la "fabrication" ou production de ce qui sert à la nourriture, à tous les stades, jusqu'au dernier acte de "fabrication" ou production,
 
- la "fabrication" ou production, pour servir à un usage, d'objets ou choses matérielles de toutes sortes, de toutes tailles, de toutes matières (gaz et liquides inclus),
y compris montage ou assemblage,
y compris réparation, y compris consolidation, car il s'agit de "refabrication" ou "fabrication" complémentaire (de la partie en réparation ou consolidée).
 
- la "fabrication" ou production, pour servir à un usage, de constructions matérielles de toutes sortes (et éventuellement gaz et liquides inclus),
y compris édifices, routes, réservoirs, ...etc... ,
y compris montage ou assemblage,
y compris reconstruction ou réparation car il s'agit de "construire à nouveau",
y compris consolidation car il s'agit de construction complémentaire.
 
Tout résultat d'un de ces actes, fait pour effectuer une de ces choses, est une מלאכה "fabrication", au sens de la Tora.
 
(*) Un acte qui effectue en partie seulement, une denrée alimentaire, ou un objet ou chose matérielle, ou une construction matérielle, est un acte qui contribue à faire cette denrée, ou objet, ou construction. C'est un acte de מלאכה "fabrication", puisqu'il y participe, y conduit. Même si ce n'est qu'en partie, même si le produit n'est pas fini, il s'agit d'un acte de מלאכה "fabrication".
 
Verset Exode XL 33
Ce verset fournit une indication importante au sujet du montage du משכן Tabernacle (montage des éléments le constituant, après élaboration de ces éléments). Ce verset indique, après le montage des éléments, que fut finie la מלאכה "fabrication" ( ויכל משה את המלאכה "...et Moïse eut fini la "fabrication""). Grâce à cette indication, on peut comprendre que monter, assembler, des éléments d'un ensemble est un acte de מלאכה "fabrication", même s'il s'agit du montage d'éléments déjà élaborés, finis en tant que pièces détachées, ce qui était le cas pour le משכן Tabernacle.
Il convient cependant d'observer que l'indication fournie par ce verset concerne le tout premier montage du משכן Tabernacle. Le premier montage est une opération finale pour parvenir à une מלאכה "fabrication" complète, achevée. Si ce premier montage est définitif, comme dans le cas du משכן Tabernacle, seul ce premier montage ferait partie d'une מלאכה "fabrication", achevant celle-ci. C'est ce qui est enseigné par ce verset. Sur son exemple, on peut comprendre que les démontages et remontages suivants, lors des déplacements dans le désert, ne sont pas appelés מלאכה "fabrication", puisque ce verset enseigne justement que cette מלאכה "fabrication" était finie par ce premier montage.
Dans le cas du משכן Tabernacle, le premier montage a été définitif, c'est ce qui a fait que seulement ce premier montage a fait partie de la מלאכה "fabrication". Mais, si un premier montage d'une מלאכה "fabrication" est suivi de complément(s) ou de modification(s) à l'ouvrage, les autres démontages, (re)montages seront une partie intégrante de la מלאכה "fabrication" jusqu'au montage qui aura achevé la מלאכה "fabrication".
De ce verset, la suite du raisonnement amène donc à la notion de valeur ajoutée ou apport à la מלאכה "fabrication". S'il n'y a pas de valeur ajoutée (pas d'apport) à la מלאכה "fabrication", c'est à dire s'il n'y a pas eu de complément ou de modification d'une chose déjà faite ou existante, alors il n'y a pas d'acte de מלאכה "fabrication". C'est pourquoi démontages et remontages successifs du משכן Tabernacle n'ont pas été une מלאכה "fabrication".
C'est donc un principe essentiel à retenir :
Il y a מלאכה "fabrication" ou acte de מלאכה "fabrication" que dans le cas d'apport ou valeur ajoutée à une מלאכה "fabrication" encore inexistante ou déjà existante. (NB : ne pas comprendre ajout de matière. Apport ou valeur ajoutée peuvent aussi se faire par soustraction de matière. Exemple : ciseler un objet pour parfaire sa décoration se fait par soustraction de matière. La décoration est la valeur ajoutée, ou apport).
 
 
Il est également observé :
- Un acte de מלאכה "fabrication" est toujours un acte volontaire (se reporter à la définition ci-dessus : fait pour effectuer une des choses énumérées). Il n'est pas connu de référence qui indiquerait qu'un acte involontaire (accidentel par exemple), serait un acte de מלאכה "fabrication".
Suivant cette observation, les exemples et remarques suivantes peuvent être faits :
 
- Reprenant un exemple précédent, briser une allumette pour en faire un cure-dents est un acte de מלאכה "fabrication" (même s'il s'agit d'un seul geste, simple et sans effort). Mais, si accidentellement une allumette a été brisée, donnant un objet pouvant s'employer en cure-dents, il n'y a pas eu d'acte de מלאכה "fabrication". Ce qui a été fait de manière fortuite ne peut être une מלאכה "fabrication" au sens de sa définition. On ne saurait "fabriquer" sans même savoir que quelque chose d'accidentel va se produire, ni quel sera le résultat accidentel.
En autre exemple, si du lait s'est renversé accidentellement dans du café, donnant un café au lait, il n'y a pas eu d'acte de מלאכה "fabrication". La nouvelle boisson obtenue est consommable et il n'y a pas eu de manquement à l'interdit (les jours où il est interdit de faire une מלאכה "fabrication").
 
- Le résultat d'un acte d'utilisation, si ce résultat n'a pas été recherché, n'est pas une מלאכה "fabrication" (si seule une utilisation a été voulue, non le résultat induit par l'utilisation, il n'y a pas de מלאכה "fabrication" au sens de sa définition). Par exemple (observé dans la vie courante) : lors d'une pluie importante des chaussures ont détériorées. En séchant, les couches de cuir formant le talon se sont recourbées, les talons se sont partiellement déformés et décloués. Marcher avec cette paire de chaussures peut produire la réinsertion des clous, l'aplatissement des parties détériorées (recourbées), soit une réparation. Si ces chaussures sont portées dans le seul but de se chausser, alors il n'y a qu'un acte d'utilisation, ce qui en résulterait (la réparation) est la conséquence d'un acte d'utilisation. Mais, si ces chaussures sont portées avec une intention de réparation, alors, du fait de cette intention, il s'agit d'un acte de réparation, donc de מלאכה "fabrication" au sens de sa définition. La manière de réparer, même si c'est en les chaussant, ne change rien.
Cette dernière remarque signifie qu'il est très important d'être extrêmement honnête envers soi-même, pour savoir si un acte effectué est, ou non, un acte intentionnel, donc un acte de מלאכה "fabrication". L'Eternel ne s'y trompera pas. Les jours où il est interdit de faire une מלאכה "fabrication", il ne faudrait pas se mentir à soi-même, ni à l'Eternel, pour tenter de dissimuler l'intention de faire une מלאכה "fabrication".
 
Il est donc mis en évidence le caractère intentionnel, volontaire, d'une מלאכה "fabrication". Il ne pourrait pas y avoir un acte de מלאכה "fabrication" sans intention de faire cette מלאכה "fabrication".
 
Il est aussi important de comprendre, dans la définition ci-avant, qu'un acte de מלאכה "fabrication", est un acte fait pour effectuer une "fabrication", une "production". La définition ci-avant ne s'applique pas dans un cadre de stricte utilisation de quelque chose, ou consommation de nourriture (la consommer est l'utiliser à l'usage pour lequel elle a été faite).
Par exemple, verser de l'eau d'une bouteille dans un verre afin de boire cette eau, pourrait être compris comme une soustraction de matière (l'eau). En comprenant mal la définition ci-dessus, il pourrait être déclaré par erreur que cet acte est une מלאכה "fabrication". Or, cet acte n'est pas un acte de production de boisson, mais un acte de consommation de boisson. Il s'agit d'une stricte utilisation, même s'il y a soustraction de matière, ce n'est pas une מלאכה "fabrication".
Dans des exemples d'usure des chaussures par la marche, d'usure des vêtements par le port, il y a aussi soustraction de matière. En comprenant mal la définition ci-dessus, il pourrait être déclaré par erreur que cette usure est une מלאכה "fabrication". Or, cette usure n'est pas un acte de production, mais un acte de stricte utilisation. Même s'il y a soustraction de matière, ce n'est pas une מלאכה "fabrication".
Ce qui fut compris, déclaré et ordonné par les pseudos "autorités religieuses" du passé oblige à donner de telles précisions et de tels exemples.
L'exemple qui suit, pris parmi de nombreux autres, est cité pour illustrer ce qui a pu être affirmé à tort par ces prétendues "autorités religieuses". Certaines boissons sont vendues dans des bouteilles comportant un bouchon (à vis). De ce bouchon, certaines petites parties sont prévues et fabriquées pour être déchirées ou brisées lors de la première ouverture, dans le geste d'ouverture. Ces bouchons sont ainsi prévus et fabriqués pour assurer une meilleure fermeture à la bouteille, jusqu'à ce qu'elle parvienne au consommateur. C'est aussi pour garantir au consommateur que la bouteille n'a jamais été ouverte auparavant (garantie du contenu). Il fut déclaré à tort, par ces "autorités religieuses" que la première ouverture d'une telle bouteille devait être fait avant le jour du שבת Shabatt (durant lequel il est interdit de faire une מלאכה "fabrication"). Ces "autorités religieuses", autoproclamées, prétendaient qu'ouvrir la bouteille était la מלאכה "fabrication", la "production d'un contenant" (alors que cette bouteille était déjà fabriquée, produite, existante, et même pleine, donc déjà un contenant lors de son ouverture, ouverture qui ne produit rien de plus).
Dans un autre exemple, parmi de nombreux autres, il fut affirmé (toujours à tort) qu'il était interdit le שבת Shabatt de retirer tout déchet (saleté ou partie non comestible) des aliments. (Ce qui suscite l'interrogation pour savoir comment devait être consommée une volaille, par exemple. Devait-elle être consommée la chair avec les os ?). Cet interdit des "autorités religieuses" était déclaré être "un dérivé du travail de trier le grain". Ce "dérivé" s'appliquait à toute denrée alimentaire, en grain ou non. En règle générale, en "dérivé du travail de trier le grain", il était interdit de "séparer". Il était même interdit de classer des aliments ou des objets par catégorie, par exemple mettre des fourchettes à part, des couteaux à part, trier des livres par sujets, catégories, etc... De telles affirmations, sans fondement réel ni sérieux, étaient grotesques, ridicules, pourtant elles ont existé. Elles furent appliquées et farouchement défendues par le peuple, autant que leurs auteurs, les prétendues "autorités religieuses". De pires affirmations, bien plus grotesques et ridicules ont existé aussi. Celles prises en exemples sont parmi les plus élaborées, elles sont prises dans ce qui fut enseigné au peuple, fut accepté et appliqué. C'est pourquoi des remarques et des précisions qui semblent évidentes sont données avec l'actuelle définition, afin d'éviter qu'à nouveau d'autres "autorités religieuses" fassent encore des affirmations à tort, inconsidérément, comme dans le passé. Il est cependant presque impossible de se prémunir contre tout ce qui pourrait être encore affirmé à tort, car c'est impossible à prévoir. Les choses les plus inattendues, les plus invraisemblables, ont été affirmées dans le passé et pourraient l'être encore. Nous ne sommes pas à l'abri d'une répétition de l'histoire.
Les remarques et les précisions données avec l'actuelle définition ne peuvent que réduire le risque, mais ce risque est toujours présent. Ce qui pourrait être affirmé dans le futur devra donc être comparé à cette définition, à ses remarques et précisions.
 

 
Suivant la définition qui précède, les quelques exemples (de la vie courante) et remarques qui suivent peuvent être donnés.
 
Sur la nourriture :
A propos de nourriture d'origine animale, un acte de מלאכה "fabrication" commence avec l'acte de tuer l'animal, le rendant ainsi dépourvu de vie, donc dans le domaine de la מלאכה "fabrication".
 
Pour la nourriture d'origine végétale, il est rappelé que les travaux des champs (agriculture, "fabrication" de végétaux, de denrées alimentaires) font partie des exemples bibliques utilisant le mot מלאכה "fabrication" (Chroniques I XXVII 26). Labourer, semer, récolter, ...etc... sont des actes de מלאכה "fabrication".
De plus, les végétaux sont dans le domaine sur lequel s'applique le mot מלאכה "fabrication". Tout acte fait sur des végétaux, conduisant à une des choses définies ci-avant, est un acte de מלאכה "fabrication". Il est rappelé que la plupart des actes que l'Homme fait sur eux sont des actes dont la finalité est la "fabrication" de nourriture, ou la fabrication de quelque chose, il s'agit donc d'actes de מלאכה "fabrication", ou d'actes qui sont des étapes dans une מלאכה "fabrication".
Tout acte de "fabrication" ou production de nourriture est un acte de מלאכה "fabrication", depuis les travaux de la terre, jusqu'à ce que la denrée soit finie, prête à la consommation.
 
Pour les fruits et les légumes, d'une manière générale les peler est un acte de מלאכה "fabrication", de production d'une denrée pour la rendre consommable (cas de peau non comestible, ou désagréable), ou pour porter cette denrée à un niveau de production plus avancé. Ils ne peuvent être pelés (préparés avant consommation) les jours où ils est interdit de faire une מלאכה "fabrication". Ils doivent être préparés avant ces jours durant lesquels ils ne devront qu'être consommés sans plus de préparation. Courgettes, aubergines, concombres... sont quelques exemples, leur préparation en les pelant est un acte de מלאכה "fabrication". Il en est de même pour les carottes, navets... dont les couches supérieures sont souvent épluchées de la même façon.
Pour ces derniers exemples il est clair qu'il y a מלאכה "fabrication", d'autant plus que ces légumes sont souvent cuits après avoir été pelés, il ne fait alors pas de doute qu'il y a מלאכה "fabrication". Toutefois, dans d'autres cas distinguer s'il y a ou non מלאכה "fabrication" est plus subtil. Dans certains cas, un produit végétal peut être séparé de sa peau sans qu'il y ait מלאכה "fabrication". C'est le cas si c'est fait dans un acte de consommation. Par exemple, consommer une tranche (ou quartier) de melon ou de pastèque en laissant ce qui sera jeté, est un acte de consommation directe. Il en serait de même s'il s'agit de pommes, poires, bananes... La séparation de la peau et de l'intérieur du fruit n'est pas un acte de מלאכה "fabrication" si c'est fait durant la consommation, par celle-ci. Dans un tel cas, il s'agit d'une consommation qui laisse la partie non voulue, il ne s'agit pas d'un acte de מלאכה "fabrication" mais de consommation. Mais, si un melon, une pastèque, une pomme, une poire ou une banane... sont préparés à l'avance, la peau séparée de la chair pour être ensuite consommés ou si cette chair est employée dans une autre denrée (salade par exemple), alors il s'agit d'actes de מלאכה "fabrication".
Autres exemples : peler une mandarine, une orange ou une pomme... et la consommer directement ne constituerait pas une מלאכה "fabrication".
Dans ces quelques exemples, melon, pastèque, banane, mandarine, orange, pomme, il s'agit de consommation, même si elle nécessite l'emploi d'un objet "outil" (cuillère, couteau) pour séparer la peau de la chair. Il ne faut pas baser le raisonnement sur la nécessité, ou non, d'employer un objet (un tel raisonnement fut parfois fait dans le passé). Il peut être employé un objet "outil" comme on peut aussi employer un objet "outil" (fourchette, couteau) pour prendre dans son assiette ce que l'on souhaite manger dans une denrée.
 
Certains fruits ou légumes présentent une relative difficulté pour les rendre consommables, comme les noix de coco. Compte tenu de cette difficulté, pour pouvoir les consommer les jours où il est interdit de faire une מלאכה "fabrication", il conviendrait de les préparer à l'avance.
 
Tout acte conduisant à rendre consommable une denrée, et qui serait un acte correspondant à la définition, est un acte de מלאכה "fabrication".
Aussi, tout acte conduisant à élaborer davantage une denrée déjà consommable, est un acte de מלאכה "fabrication".
Pour les jours où faire une מלאכה "fabrication" est interdit, la nourriture doit être prête à la consommation, qu'elle n'ait plus besoin d'aucun autre acte de production ou d'élaboration avant consommation.
Sur une nourriture, tout complément de cuisson, ou adjonction de denrées, ou assaisonnement, etc... est un acte de מלאכה "fabrication".
Saler, poivrer, ajouter un jus d'autre fruit ou légume (jus de citron par exemple), sont des actes de complément de production de la nourriture, pour la porter à un autre niveau de production (à un autre goût, plus proche du résultat recherché pour la consommation). Il s'agit d'un acte de מלאכה "fabrication".
 
La préparation de sandwiches, tartines (étalées de beurre, ou de chocolat, confiture, etc...), est un acte de מלאכה "fabrication". Il s'agit de préparer, d'élaborer une denrée pour ensuite la consommer. Même si cette élaboration est d'une relative simplicité, il s'agit d'un acte de מלאכה "fabrication". La faible difficulté n'intervient pas pour déterminer s'il s'agit ou non d'un acte de מלאכה "fabrication".
 
Mélanger entre elles des denrées qui étaient chacune déjà prête à la consommation est aussi un acte de מלאכה "fabrication". Par exemple, faire une salade en mélangeant différentes denrées, est faire cette salade qui n'était pas existante. C'est la produire, il s'agit d'un acte de מלאכה "fabrication". Le même raisonnement s'applique à tout plat, car mélanger des denrées est un acte de production. En mélangeant les denrées il s'agit de produire une autre denrée avec celles mélangées, ou compléter, ou modifier (matériellement) une denrée existante en y en ajoutant d'autres denrées.
 
Sucrer un yaourt, ou y ajouter des morceaux de fruits, ou du sirop de fruit, sont aussi des actes de מלאכה "fabrication".
 
Certaines denrées sont contenues dans des récipients qui doivent être secoués avant consommation (par exemple une bombe de crème chantilly. La crème est contenu dans un récipient qui doit être secoué pour que la crème se recompose pour être consommée). Secouer un tel récipient est fait pour que se mélangent des matières, c'est un acte de composition ou recomposition d'une denrée. C'est un acte de מלאכה "fabrication".
 
Pour les boissons, faire une boisson, mélanger des boissons, sont des actes de מלאכה "fabrication". Les jours où faire une מלאכה "fabrication" est interdit, elles doivent être prêtes à la consommation sans qu'aucun acte de production soit à faire.
Par exemple, le café, le thé, doivent être prêts à la consommation. Faire un café, ou dissoudre du café soluble dans de l'eau chaude, sont des actes de מלאכה "fabrication", c'est faire un café qui n'existait pas, n'était pas prêt à la consommation avant cet acte. Il en est de même dans l'exemple d'un thé, le laisser infuser dans de l'eau chaude est un acte de מלאכה "fabrication", c'est faire un thé qui n'existait pas, n'était pas prêt à la consommation avant cet acte.
 
Sucrer un café, un thé, ou une autre boisson, est un acte de complément de production d'une boisson, c'est un acte de מלאכה "fabrication".
 
Presser un fruit pour en extraire le jus est un acte de production de jus de fruit, c'est un acte de מלאכה "fabrication".
 
Diluer du sirop de fruit dans de l'eau ou un autre liquide, est aussi un acte de production de cette boisson. Même si du sirop de fruit a été conçu pour être utilisé ainsi dilué dans de l'eau, ou un autre liquide, c'est une production de boisson qui n'existait pas, n'était pas prête à la consommation avant cet acte. La dilution est une étape finale de production de cette boisson, ce sirop de fruit a été conçu pour être utilisé avec cette étape finale de production. Il a été fait ainsi pour pouvoir servir à la production de différentes choses, boissons ou complément d'autres denrées (pâtisseries, yaourts, ...).
Mais, si du sirop de fruit est bu tel qu'il est, sans dilution, sans acte de production, alors dans ce cas il n'y a pas de מלאכה "fabrication".
Il en est de même pour un cocktail de jus de fruits ou d'alcools. Mélanger des jus de fruits, des alcools, ou d'autres boissons, sont des actes de מלאכה "fabrication", de composition, de production, de boissons. Mais, boire un jus de fruit, ou un mélange de jus de fruit, tel qu'il est déjà fait, n'est pas un acte de מלאכה "fabrication". Boire un alcool, ou un mélange d'alcools, tel qu'il est déjà fait, n'est pas un acte de מלאכה "fabrication" mais de consommation.
 
Dans le cas d'une nourriture déjà faite, cuite, produite, prête à la consommation, la chauffer n'est pas un acte de מלאכה "fabrication" à condition de ne pas la cuire davantage, car la cuisson est une partie de la "fabrication", pour "produire" le produit fini, le rendre consommable.
Cependant, la chauffer n'est pas "la produire", car elle est déjà faite, il s'agirait d'une simple modification de température, une modification d'état (et pas une modification de matière). Par exemple, si une boisson est prise d'un réfrigérateur et consommée dans un lieu ensoleillé et chaud. Pendant sa consommation, la température de cette boisson sera réchauffée. Cet état de température n'a aucune action sur la boisson, cela ne change rien au fait que cette boisson était déjà faite, prête à la consommation. Dans cet exemple, cette boisson peut se réchauffer dans le verre, la chauffer n'est pas la faire.
Faire du café ou du thé, d'une quelconque manière, est une מלאכה "fabrication" (ci-avant). Mais, dans l'exemple d'un café, ou d'un thé, déjà fait, prêt à être consommé, il n'est pas interdit de le chauffer. Chauffer cette boisson n'est pas la faire, cette boisson était déjà produite, prête à la consommation. Il n'y aura pas de "fabrication" durant le réchauffage si le marc de café (mouture), ou les feuilles de thé, ont été extraits (filtrés) pour laisser uniquement la boisson déjà faite. Cette opération de filtration, d'extraction des matières, doit aussi se faire avant qu'il soit interdit de faire une מלאכה "fabrication", pendant qu'une מלאכה "fabrication" est autorisée. Ainsi, il ne pourra pas y avoir de "complément de fabrication" durant le réchauffage puisque les matières donnant le résultat ont été extraites (le mélange de café ou thé, et éventuellement de sucre, en suspension dans l'eau est un résultat déjà produit. Il n'y aura pas de complément de production durant le réchauffage). Dans cet exemple encore, cette modification d'un état de température n'a aucune action sur le fait que cette boisson était déjà faite, prête à la consommation. Cette boisson peut être chauffée, cela ne changera pas le fait que cette boisson était déjà faite, la chauffer n'est pas un acte de מלאכה "fabrication".
Ce raisonnement sur une boisson s'applique de la même manière sur une nourriture solide. (Attention, sans cuisson supplémentaire. La température ne doit pas atteindre un niveau de cuisson ou la denrée doit être retirée du réchauffage avant de commencer à cuire).
En outre, la chaleur n'est pas une chose matérielle (une denrée alimentaire est une chose matérielle, elle est capable de retenir de la chaleur, c'est sa transformation par la cuisson qui est une מלאכה "fabrication". Mais, la chaleur n'est pas une chose matérielle). De ce fait, la chaleur n'est pas dans le domaine, le champ, sur lequel le mot מלאכה "fabrication" s'applique. Chauffer une nourriture, ou une boisson, n'est pas un acte de מלאכה "fabrication". (encore une fois, il s'agit de chauffer et non de cuire, car cuire une nourriture, ou une boisson, est un procédé de "fabrication" ou production pour rendre consommable ou porter à un niveau plus élaboré avant consommation).
 
Il existe certaines manières de consommer la nourriture qui seraient des actes de מלאכה "fabrication", et qui donc ne devraient pas être faits les jours où il est interdit de faire une מלאכה "fabrication".
Par exemple, lors de la consommation d'un café au lait et d'un croissant, si le croissant est trempé dans le café au lait, c'est pour avoir le goût particulier de ce mélange. Le croissant est consommable sans café au lait, et le café au lait est consommable sans croissant. Ce serait donc seulement pour une raison de goût que serait trempé un croissant dans du café au lait. Ce serait donc pour mener la denrée (le croissant) à un autre niveau de goût ou de consistance. C'est aussi modifier son élaboration précédente, la mener à un autre niveau dans une combinaison faite avec le café au lait. Tremper un croissant dans du café au lait n'est pas seulement un acte de consommation, c'est un acte de מלאכה "fabrication" avant consommation.
Il en serait de même, par exemple encore, pour une bouchée de pain trempée dans une sauce. La combinaison du pain et de la sauce serait un acte de מלאכה "fabrication" avant consommation si c'est le goût ou la consistance du mélange des deux qui est recherchée.
Certaines personnes ont aussi l'habitude de déposer sur une bouchée de pain les aliments pris dans un plat, ou encore de "pincer" avec une bouchée de pain les aliments pris dans un plat. C'est ensuite la combinaison du pain avec les aliments qui est consommée. A chaque bouchée ainsi composée, il s'agirait aussi d'un acte de production, d'un acte de מלאכה "fabrication" avant consommation.
Une bouchée de pain peut aussi avoir été détachée dans le but d'essuyer ou prendre quelque chose dans un plat. Dans un tel cas, cette simple bouchée de pain serait une espèce "d'outil" qui aurait été "fabriqué" alors. Même si elle est ensuite consommée, elle aurait été "produite" pour être une espèce "d'outil", comme le serait une fourchette ou un couteau (par exemple). Cette espèce d'outil assumerait une fonction que ne peut faire une fourchette ou un couteau, comme absorber une sauce (par exemple).

Les jours où il est interdit de faire une מלאכה "fabrication", toute nourriture doit être prête à la consommation. On ne peut y ajouter quoi que ce soit, et on ne peut la cuire davantage.

Complément de cuisson lorsqu'une מלאכה "fabrication" est interdite :
dans le passé les "autorité religieuses" ont fermé les yeux et même autorisé la cuisson d'une nourriture lorsqu'il est interdit de faire une מלאכה "fabrication". Des plats préparés et précuits complétaient leur cuisson durant la nuit et la matinée des jours où il est pourtant interdit de faire une מלאכה "fabrication". Cette pratique était totalement contraire à la Tora.
Elle était basée sur le fait que cette nourriture était posée sur une plaque chauffante avant le début de l'interdit, servant ainsi ce prétexte. En réalité, il y avait bien un caractère volontaire pour un acte se prolongeant dans le temps et s'accomplissant en toute conscience lors de l'interdit.
 
Outre les appareils mis en fonction avant le début de l'interdit (plaque chauffante dans l'exemple ci-dessus), les autorités religieuses autorisaient aussi l'usage d'appareils automatiques pour se déclencher et effectuer quelque chose durant l'interdit. Ces pratiques étaient tout autant contraires à la Tora. De même que pour un acte ininterrompu qui se prolonge lors de l'interdit, un acte programmé est aussi un acte volontaire fait en se projetant dans le temps et s'accomplissant en toute conscience lors de l'interdit.
 
Les actes prévus pour se prolonger ou se projeter dans le temps n'annulent pas la réalité de la מלאכה "fabrication" qu'ils effectuent.
 
Pour mieux comprendre ces raisonnements : si une personne commet un meurtre, elle ne pourrait se disculper en prétextant avoir utilisé un dispositif automatique.
Pour encore illustrer ces raisonnements, il peut être rapporté l'anecdote d'une conversation entre deux personnes, dont une non-israélite. Il était expliqué à la personne non-israélite, et avec l'imprécision du langage courant : "le jour du שבת Shabatt, on ne touche pas à la gazinière". Ceci signifiait en réalité "on ne l'utilise pas". La personne non-israélite a répondu alors, en plaisantant, qu'il suffisait d'utiliser un bâton pour se servir de la cuisinière.
Le raisonnement de cette plaisanterie s'était arrêté au fait de "toucher", et dans ce cas, au lieu d'un bâton, des gants rempliraient la même fonction. Mais, le fait de mettre de la distance, grâce au bâton, augmentait l'impression de conformité.
Ce qui fut autorisé par les prétendues autorités religieuses du passé n'est pas différent de la plaisanterie suggérant un bâton. Au lieu d'un bâton, prolongement de la main pour "ne pas toucher" et mettre de la distance, ces "autorités" autorisaient ce qui se prolongeait durant le temps, celui de l'interdit, de même que les automatismes qui se déclenchaient à distance non à distance physique mais à distance dans le temps.
Toutefois, entre la personne non-israélite et les "autorités religieuses", se trouve une grande différence : la personne non-israélite savait que sa suggestion était risible.
 
 
 
Pour les jours où il interdit de faire une מלאכה "fabrication", il pourrait paraître contraignant, pesant, de respecter ce qui est précisé ci-avant. Egalement, cela pourrait paraître contraire aux idées de confort et de joie, souvent recherchées pour ces jours. Mais, il n'est pas possible de transgresser l'interdit, même pour atteindre davantage de confort ou de joie. Une nourriture déjà prête, qui n'a plus qu'à être consommée, apporte même davantage de confort qu'une autre qui reste encore à élaborer.
On pourrait encore penser regrettable que certaines nourritures ne puissent être consommées en ces jours. Il n'est pas possible de faire des "grillades", de la viande ou du poisson grillé(e) au feu un jour de שבת Shabatt, par exemple. Il convient d'accepter ce fait. Il n'est pas possible de transgresser un interdit pour des raisons de confort ou de goût.
Les denrées à consommer ces jours là doivent être adaptées à ces jours, et non le contraire pour des raisons individuelles de goût, ou d'une certaine idée du confort ou de la joie (raisons relatives et individuelles, commandées souvent par des habitudes socio-culturelles définies).
 
 
A propos d'objets ou choses matérielles :
Une chose fabriquée est faite pour être ensuite utilisée, et l'utilisation d'un produit fini n'est pas un acte de מלאכה "fabrication". Utiliser une chose fabriquée, un objet, une machine, ... s'il s'agit uniquement d'une stricte utilisation, c'est à dire si ce n'est pas utilisé pour faire une מלאכה "fabrication" (selon définition), une telle utilisation n'est pas un acte de מלאכה "fabrication".
 
Dans le passé, certaines "autorités religieuses" interdirent (entre autres choses) l'utilisation de savons solides, et aussi l'utilisation de pâte dentifrice, durant les jours où il est interdit de faire une מלאכה "fabrication" (le raisonnement était basé sur le fait que le savon doit être "usé" (par frottement), ce qui était déclaré interdit).
En réalité, l'utilisation d'un savon pour se laver, ou d'une pâte dentifrice pour se laver les dents, lorsqu'ils sont employés à ces usages, dans le cadre d'une stricte utilisation, n'entrent pas dans le domaine de la מלאכה "fabrication". Il ne s'agit pas d'actes de production, rien n'est produit au sens de la définition ci-avant, ce n'est pas un acte de מלאכה "fabrication".
Par exemple, il peut être utilisé un savon solide pour se laver les mains. Même s'il est "usé" pour déposer sur la peau des matières qui se combineront avec d'autres (celles à extraire de la peau), et même s'il y a à la fois soustraction de matière (du savon), et modification (chimique) de matière, dans une telle utilisation rien n'est produit au sens de la définition ci-avant. Il s'agit d'une utilisation d'une chose qui a été fabriquée pour cet usage, et ce qui est issu de cet usage ne sert pas, ni éventuellement à une autre מלאכה "fabrication". Le résultat de l'usage du savon est jeté (il partira avec l'eau usée), il ne sert à rien. Il s'agit d'une stricte utilisation, rien n'est fabriqué, ce n'est pas une מלאכה "fabrication".
Si une stricte utilisation d'une chose, objet ou machine, implique un ajout, ou une soustraction, ou un modelage, ou une modification de matière, cette matière n'étant pas récupérée, éventuellement, pour une autre מלאכה "fabrication", alors cette stricte utilisation ne constitue pas une מלאכה "fabrication", (même si elle implique une modification de matière).
 
Certains objets sont faits pour servir eux mêmes à la fabrication, la production, de quelques chose d'autre. C'est le cas des outils, ils servent pour fabriquer quelque chose. Ce n'est pas leur usage en tant qu'usage, pure utilisation, qui est une מלאכה "fabrication", c'est le résultat pour lesquels ils sont utilisés qui est une מלאכה "fabrication", ou un acte de מלאכה "fabrication". Planter un clou dans un mur à l'aide d'un marteau est une מלאכה "fabrication". L'utilisation du marteau est un acte d'utilisation et pas de מלאכה "fabrication", mais ce pourquoi il est utilisé, et le résultat de son usage, est une installation faite sur un mur, c'est un acte de מלאכה "fabrication" et le résultat est une מלאכה "fabrication".
 
Certains objets seraient à considérer comme des outils, servant à la fabrication, la production, de quelque chose, c'est le cas, par exemple, d'un appareil photographique. Le résultat de l'usage de l'appareil est la fabrication, la production, d'une photographie, c'est une מלאכה "fabrication". Un tel appareil est n'a pas été conçu pour servir à une autre fin qu'une מלאכה "fabrication", il a été conçu pour faire une מלאכה "fabrication", ou servir à une ou plusieurs étapes de fabrication de la photographie, une מלאכה "fabrication", c'est le seul usage pour lequel il a été prévu. Les pellicules utilisées dans des appareils photographiques sont des objets conçus et fabriqués pour recevoir d'autres étapes de fabrication avant de conduire à un produit fini, une photographie (le même raisonnement s'applique pour une diapositive). Une de ces étapes est l'impression photographique faite par l'appareil sur la pellicule, cette étape est un acte de מלאכה "fabrication". L'usage d'un appareil photographique (la prise de vue) est un acte de מלאכה "fabrication", les étapes ultérieures du traitement de la pellicule pour conduire à une photographie sont aussi des actes et des étapes de מלאכה "fabrication".
Du fait qu'un tel appareil utilise un procédé d'impression qui se sert de la lumière, qui est immatérielle, il pourrait être pensé qu'un appareil photographique n'entreraient pas dans le domaine de la מלאכה "fabrication", du fait de cette immatérialité (se reporter à la définition, ci-avant). Mais, bien qu'utilisant une chose immatérielle, le support prévu pour recevoir le flux lumineux est matériel. Ce support est prévu pour "fixer" une image portée par la lumière qui a été conduite jusqu'à lui. Pour "fixer" l'image, sur le support (la pellicule) des substances matérielles sont rendues plus ou moins transparentes ou opaques, éventuellement colorées, du fait de l'action de la lumière sur ces substances. Il y a donc une impression matérielle, donc dans le domaine de la מלאכה "fabrication".
Certains autres appareils s'utilisent selon un procédé immatériel autre que celui basé sur l'action matérielle de la lumière, et sont aussi capables de remplir plusieurs fonctions. C'est le cas par exemple d'un ma­gnéto­phone lecteur/enregistreur, ou d'un ma­gnéto­scope lecteur/enregistreur. Le procédé de fonctionnement de ces appareils est basé sur les propriétés de certains matériaux (fer, cobalt, nickel), qui sont capables de conserver une aimantation, qui produit un champ magnétique ("aimantation rémanente"). Ce sont ces matériaux qui servent de support aux images et aux sons, et qui seront "lus" ensuite lors de l'utilisation de l'appareil. La différence entre un support "magnétique" et celui de la pellicule photographique, est que la matière réceptrice ne serait pas modifiée dans le cas d'un support magnétique, alors que dans le cas de la pellicule photographique la matière réceptrice est modifiée par l'action de la lumière (c'est au sens propre une modification de matière, selon les explications qui suivent). Dans le cas de la photographie, les matières composantes de la pellicule sont chimiquement modifiées lors de la prise de vue (il y a modification de matière).
La matière, qu'elle soit sous forme de gaz, ou de liquide, ou de solide, est constituée d'atomes, qui sont un assemblage de particules : protons, électrons, neutrons. Dans un atome, il y a autant de protons que d'électrons (exemple : un atome de fer est constitué de 26 protons, 26 électrons, et 30 neutrons). L'équilibre électrique d'un atome est plus ou moins stable selon les éléments (selon les matières. Sur l'exemple ci-dessus, le fer est un élément, une matière) (les protons ont une charge électrique positive, les électrons ont une charge électrique négative, les neutrons sont non chargés). Les atomes peuvent se grouper en molécules. Ils peuvent aussi échanger des électrons pour établir des liaisons chimiques et donner des corps composés. Par exemple, l'électron de l'hydrogène (atome le plus simple : 1 proton, 1 électron) peut se séparer, quant au proton restant, il se combinera avec d'autres éléments (d'autres matières). Par réaction chimique un atome peut perdre un ou des électrons et devient alors chargé positivement, on l'appelle ion positif (ou cation). Si un atome accepte un ou des électrons il devient chargé négativement et s'appelle un ion négatif (ou anion). La perte ou l'apport de particule(s) dans un atome est une modification d'une matière donnant pour résultat une autre matière.
Dans le cas de la photographie, il y a une modification de certaines matières, composants de la pellicule, faite par réaction chimique due à la lumière, c'est donc une מלאכה "fabrication".
Dans le cas d'un support magnétique, aucune particule n'est ajoutée, aucune particule n'est retirée, il n'y aucune modification d'une matière elle-même. Les atomes ne subissent pas de modifications, le nombre de protons, neutrons, électrons, reste le même. Du fait de leur technologie magnétique, immatérielle, l'utilisation de ces appareils (exemples cités ci-avant : ma­gnéto­phone lecteur/enregistreur, ma­gnéto­scope lecteur/enregistreur) ne constitue pas une מלאכה "fabrication", tant en fonction de lecture qu'en fonction d'enregistrement. (N.B. ces appareils sont cités à titre d'exemple, il en serait de même pour d'autres appareils présentant les mêmes caractéristiques, comme une caméra vidéo-magnétique).
 
L'électricité en tant qu'énergie immatérielle n'entre pas dans le domaine de la מלאכה "fabrication". L'utilisation d'un appareil électrique (exemple, lampe électrique à incandescence), n'est pas un acte de מלאכה "fabrication".
Mais s'il s'agit d'un appareil électrique utilisé pour produire ou servir à une מלאכה "fabrication", selon la définition et les remarques ci-avant, alors il y a acte de מלאכה "fabrication".
 
Si une stricte utilisation d'une chose, objet ou machine, produit un ajout, ou une soustraction, ou un modelage, ou une modification de matière, cette matière n'étant pas récupérée pour une autre מלאכה "fabrication", alors cette stricte utilisation ne constitue pas une מלאכה "fabrication", (même si elle produit une modification de matière). Car, (se reporter à la définition) il peut être observé dans les exemples bibliques que le mot מלאכה "fabrication" est toujours employé pour la fabrication, production, d'une chose matérielle qui sert à quelque chose. Il n'y a aucun exemple de מלאכה "fabrication" d'une chose qui ne sert à aucun usage, aucun emploi, ou aucune utilisation. Il n'est trouvé aucun exemple d'utilisation du mot מלאכה "fabrication" pour quelque chose de fabriqué ou produit qui ne sert à rien. Une telle chose n'est pas appelée מלאכה "fabrication" dans la Bible, aucun exemple n'est trouvé.
L'illustration la plus simple d'un tel cas est l'usure, des vêtements, des objets, ... . Dans les actes les plus simples de la vie courante, les chaussures, les vêtements, ... s'usent par le simple fait de marcher ou bouger. Cette usure est une soustraction de matière, sans constituer une מלאכה "fabrication", selon la définition.
Une autre illustration, que pourraient rapporter les exemples bibliques, pourrait être le simple fait de toucher des objets. Cette action produit une "impression" sur l'objet touché, c'est une empreinte digitale (même non visible, cette empreinte existe). Par le toucher les matières touchées peuvent subir une oxydation (combinaison avec l'oxygène, réaction dans laquelle un atome, ou un ion, perd un ou des électrons).
Ces exemples, s'ils constituaient des cas de מלאכה "fabrication", pourraient nous être fournis par l'époque biblique, ce qui n'est pas le cas. Il peut y avoir modification de matière sans qu'il y ait מלאכה "fabrication". Il y aurait מלאכה "fabrication" si une matière subit un ajout, ou une soustraction, ou un modelage, ou une modification, faite pour servir à un usage (se reporter à la définition).
Dans l'exemple de l'appareil photographique (ci-avant), une prise de vue modifie la matière pour servir à la réalisation d'une photographie. Ce n'est pas une modification sans usage, c'est donc une מלאכה "fabrication", la fabrication (en partie) d'une photographie.
 
 
Autres exemples divers (cas observés, de la vie courante) :
 
Ne sont pas des actes מלאכה "fabrication" :
 - Changer les piles d'un appareil électrique. Les piles ne font pas partie de l'appareil. Ce sont des pièces extérieures et les remplacer n'apporte rien de plus à une מלאכה "fabrication" déjà achevée, complète. Ce n'est pas un acte de מלאכה "fabrication".

 - L'utilisation de papier hygiénique (appelé aussi "papier toilette") n'est pas un acte de מלאכה "fabrication", même si du papier est déchiré. Les prétendues "autorités religieuses" ont interdit, dans le passé, de déchirer du papier hygiénique en déclarant qu'il s'agissait d'une מלאכה "fabrication" ou d'un de leurs "dérivés de travaux interdits".
Déchirer du papier, si ce n'est pas pour servir à une מלאכה "fabrication" selon la définition ci-avant, n'est pas un acte de מלאכה "fabrication". L'utilisation du papier hygiénique comme il est prévu de l'utiliser n'est pas un acte de מלאכה "fabrication" mais un acte d'utilisation. Même si du papier est déchiré, il ne s'agit pas de מלאכה "fabrication", rien de plus n'est produit.
Mais, si du papier hygiénique est déchiré pour servir à une מלאכה "fabrication" selon la définition ci-avant, c'est alors un acte de מלאכה "fabrication".



Sont des actes מלאכה "fabrication" :
 - Repasser du linge, ou y faire des plis, sont des modifications de la forme des tissus, comme un "modelage" pour leur donner une forme précise. Il s'agit de מלאכה "fabrication".
 
 - Faire un pli (appuyer ou modeler un pli) à un mouchoir ou une serviette en papier, pour atteindre un endroit difficile du visage (coin de l'œil par exemple) est une מלאכה "fabrication".
 
- Certains produits sont contenus dans des récipients qui doivent être secoués avant utilisation. Par exemple, une bombe (récipient sous pression) de mousse à raser (parfois aussi laque ou gel pour cheveux). Secouer un tel récipient est fait pour ré-émulsifier un produit dans la bombe, pour le rendre utilisable. Il s'agit d'un acte de מלאכה "fabrication".

Rappel résumé de la définition et son champ d'application.

Le domaine, le champ, sur lequel le mot מלאכה "fabrication" s'applique, se limite aux actes matériels sur des corps matériels, y compris sur les végétaux et les animaux dépourvus de vie.
Sont en dehors de ce champ les animaux vivants et les êtres humains. Il ne peut y avoir de מלאכה "fabrication" sur un animal vivant. Il ne peut y avoir de מלאכה "fabrication" sur un être humain.
 
 
Est un acte de מלאכה "fabrication", au sens de la Tora, tout acte fait pour effectuer une des choses suivantes, même en partie(*), et quel que soit le procédé, ajout, ou soustraction, ou modelage, ou pli, ou torsion pour donner une forme particulière, ou assemblage, ou modification, ...etc... de matière(s) composante(s) de la réalisation :
 
- la "fabrication" ou production de ce qui sert à la nourriture, à tous les stades, jusqu'au dernier acte de "fabrication" ou production,
 
- la "fabrication" ou production, pour servir à un usage, d'objets ou choses matérielles de toutes sortes, de toutes tailles, de toutes matières (gaz et liquides inclus),
y compris montage ou assemblage,
y compris réparation, y compris consolidation, car il s'agit de "refabrication" ou "fabrication" complémentaire (de la partie en réparation ou consolidée).
 
- la "fabrication" ou production, pour servir à un usage, de constructions matérielles de toutes sortes (et éventuellement gaz et liquides inclus),
y compris édifices, routes, réservoirs, ...etc... ,
y compris montage ou assemblage,
y compris reconstruction ou réparation car il s'agit de "construire à nouveau",
y compris consolidation car il s'agit de construction complémentaire.
 
Tout résultat d'un de ces actes, fait pour effectuer une de ces choses, est une מלאכה "fabrication", au sens de la Tora.
 
Les actes prévus pour se prolonger ou se projeter dans le temps n'annulent pas la réalité de la מלאכה "fabrication" qu'ils effectuent.
 
Le premier montage ou assemblage fait partie de la מלאכה "fabrication", pas les démontages et remontages suivants s'il n'y apportent rien de plus.
 
Il y a מלאכה "fabrication" ou acte de מלאכה "fabrication" que dans le cas d'apport ou valeur ajoutée à une מלאכה "fabrication" encore inexistante ou déjà existante.
 
Une מלאכה "fabrication" est le résultat d'un acte intentionnel, volontaire. Il ne pourrait pas y avoir un acte de מלאכה "fabrication" sans intention de faire cette מלאכה "fabrication".



Observation finale
      Cette définition et certaines remarques et précisions peuvent sembler suffisamment logiques ou évidentes pour ne pas avoir à être dites. Cependant, tout est nécessaire. L'observation du passé montre à quel point une telle définition a fait défaut. La définition est bien sûr nécessaire, de même que sa rigueur et sa précision, mais aussi les remarques, exemples et précisions qui l'accompagnent. Ils sont aussi indispensables afin qu'elle soit bien comprise et bien employée. L'expérience acquise a démontré combien les choses ont pu être mal comprises, mal utilisées, mal enseignées, mal appliquées, etc.… Ces constats rendent donc très utile toute indication pouvant éclairer le lecteur.
 
      Comme toute œuvre humaine, cette définition et ce qui l'accompagne est faillible et peut comporter une erreur ou plusieurs, insignifiantes ou importantes. Mais, savoir cette possibilité et en avertir, alerter aussi sur la nécessité de réviser le cas échéant, est déjà en soi une différence importante par rapport aux prétendues "autorités religieuses" du passé qui se sont longtemps pensées et affirmées "justes", "totalement justes", "plus justes que les autres", "authentiques", les unes et les autres sans aucune définition (même imprécise), les unes et les autres refusant de revoir leurs décisions arbitraires, qui souvent se contrariaient, voire s'opposaient.
Cette définition a ses faiblesses comme toute œuvre humaine. Mais, elle s'efforce d'identifier au mieux, par l'étude du Texte biblique (תנך), le sens rigoureux, précis, et le plus juste possible du mot מלאכה "fabrication", et ce à partir de bases fondées et objectives. Elle s'efforce de traiter de manière cohérente et homogène les cas de la vie courante qui peuvent se présenter. Ceci ne fut fait dans le désordre des précédentes décisions arbitraires, certaines en contradiction avec d'autres, et certains "décisionnaires religieux" en contradiction avec d'autres.

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